Olim et nunc

Comment marier ses filles

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Ce qu’il y a de merveilleux avec la recherche historique, c’est que les sources de divertissement -et par là même, de procrastination – sont omniprésentes. Au détour d’une journée en bibliothèque, je suis tombée sur l’indispensable  Instruction à l’usage des grandes filles, pour être mariées.

Quelques mots d’abord sur le texte en question, qui vient de la Bibliothèque bleue, de petits livres à la mauvaise couverture bleue que l’on pouvait acheter, du XVIIe au XIXe siècle, auprès du colporteur quand il passait au village.  Souvent recyclés d’anciens best-sellers, on pouvait aussi bien y trouver des romans de chevalerie que des livres d’interprétations des rêves, des manuels de savoir-vivre ou encore des contes de fées.
Quant à cette brochure, elle date probablement de 1715, et était destinée à un public populaire. La forme dialoguée, par exemple, est un outil de vulgarisation souvent utilisé.

Apprenons donc sans plus tarder comment marier ses filles pour les nuls :

 

 

Résumons : il faut marier tôt les jolies filles de peur qu’elle ne s’en aillent rouler dans une meule de foin avec le premier maraud venu, et les laiderons plus tôt encore, histoire de s’en débarrasser… Imparable.
Passons maintenant aux choses sérieuses : les divers moyens de se procurer un Amant. (un futur promis, donc, pas un maraud quelconque. Suivez un peu.)

Honni soit le bling-bling. Amen.

Pour parachever le tableau, ajoutons que la jeune fille doit éviter devant son amant « les paroles hardies & peu respectueuses, de peur de le fâcher », « être toujours de bonne humeur, principalement devant lui », et surtout ne jamais au grand jamais « rire le long des rues avec beaucoup d’éclat, car cela fait voir que c’est une évaporée. »

Mesdemoiselles, vous êtes prévenues.

Sources : La bibliothèque bleue – Littérature de colportage de Lise Andries et Geneviève Bollème, Robert Laffont, 2003

 

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